L'Afrique que on veut

GEOPOLITIQUE : Les points chauds de la planète dans le contexte de l’opposition entre les .

La planète est répartie aujourd’hui en deux centres principaux à haute concentration de capital avec leur propre périphérie de matières premières et les capacités de production les plus développées, les États-Unis et la Chine. Par Alexandre Lemoine.

Les marchés mondiaux sont déjà répartis entre ces deux prétendants à l’hégémonie, ils servent également de référence respectivement pour l’OTAN et le groupe des BRICS, qui prend la forme d’une alliance à part entière.

Le standard occidental de la « nouvelle normalité » (le système ID2020 se trouvera probablement à sa base) est fondé sur une réduction significative de la fonctionnalité des États nations et la remise d’une grande partie de leurs pouvoirs à des multinationales. Le système sera équilibré par des structures bureaucratiques internationales, comme l’a montré la « pandémie de coronavirus », qui a été coordonnée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). De toute évidence, la « pandémie de la faim » évoluera selon le même scénario où le rôle de coordinateur sera joué par le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU.

Le standard chinois du « crédit social » est créé depuis une décennie et a significativement avancé. Il est basé sur une approche opposée à celle de l’Occident : la domination totale de l’État sur la gestion d’entreprises avec le transfert d’une grande partie des pouvoirs opérationnels aux multinationales. Ce standard est promu par le groupe de Xi Jinping faisant contrepoids à d’autres groupes influents en Chine insistant sur la correction du projet chinois au profit d’une plus grande unification avec l’Occident.

Les deux systèmes de gouvernance mondiale à la base de ces deux standards sont incompatibles en principe. C’est pourquoi il est important pour l’Occident d’écarter Xi Jinping et d’aider ses adversaires pour faire revenir le système bipolaire actuel (standard occidental-standard chinois) dans un cadre unilatéral.

Les activités militaires dans différentes régions de la planète deviennent de plus en plus plausibles. Le droit international a été pratiquement rejeté comme rudiment de l’ancien monde, un grand exode de réfugiés s’organise, des liens économiques sont rompus, des prémices de la fin surgissent à l’échelle mondiale.

Pays baltes. Si la Lituanie continuait de bloquer la communication de fret entre la Russie et Kaliningrad, un conflit armé pourrait survenir entre les deux pays. C’est ce qu’a déclaré le 29 juin le chef adjoint de la commission du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe) des affaires internationales Vladimir Djabarov. Le jour même, à l’issue du sommet de l’OTAN, il a été annoncé que l’Alliance augmenterait ses effectifs de réaction d’ici 2023 de 40 000 à 300 000 hommes, soit 7,5 fois. Ce processus comprendra un déploiement d’armements lourds à la frontière russe.

La chaîne britannique BBC a diffusé encore en 2016 le film « Troisième Guerre mondiale : à l’intérieur du centre de crise » (World War Three : Inside the War Room) avec une simulation d’un scénario hypothétique d’affrontement entre la Russie et l’OTAN dans la région balte et un éventuel début de la troisième guerre mondiale. Depuis, l’OTAN a significativement renforcé sa puissance militaire près des frontières de la région de Kaliningrad et de la Biélorussie. Le nombre de vols de l’aviation de reconnaissance et tactique de l’OTAN a considérablement augmenté à la frontière de l’État de l’Union entre la Russie et la Biélorussie. Les plus grands entrepôts de l’Alliance situés auparavant en Allemagne, aux Pays-Bas, en Norvège et en Belgique sont méthodiquement projetés depuis plusieurs années en Pologne et dans les pays baltes.

Arctique. Nikolaï Kortchounov, ambassadeur itinérant de Russie et président du Comité des hauts fonctionnaires du Conseil de l’Arctique, a déclaré le 22 mai que l’Arctique se transformait en un théâtre d’opérations international. Aujourd’hui, le Royaume-Uni perçoit l’Arctique comme étant liée à la région balte et il a considérablement renforcé sa présence au nord dans le cadre de la Force alliée d’expédition (JEF) sous son égide, dont font partie les pays scandinaves, baltes et les Pays-Bas. Depuis le 15 juin, la Norvège a refusé à la Russie le passage du fret pour les localités arctiques russes à Svalbard, il a été arrêté au poste frontalier de Storskog. Ce qui crée une situation difficile.

Kouriles et Taïwan. Selon certains chercheurs, l’Occident espère que la Russie « enlisée » en Ukraine sortira de ce conflit affaiblie et sera incapable de réagir rapidement aux menaces en Extrême-Orient. Cela permettra au Japon de provoquer un conflit autour des îles Kouriles pour tenter de régler rapidement le « problème des territoires du Nord » par la force. L’objectif consiste à éliminer la possibilité d’utiliser la flotte russe de l’océan Pacifique. Formellement cela ne concerne pas la Chine, mais la situation dans la région changera sérieusement : le Japon pourrait libérer des forces conséquentes pour apporter un soutien militaire à Taïwan (ce qui a été clairement annoncé l’an dernier dans le Livre blanc de la défense publié par le Japon). Cela débouchera sur un conflit régional entre la Chine, le Japon et Taïwan derrière lequel se trouvera l’alliance anglo-saxonne Aukus. La Chine est très vulnérable dans le détroit de Malacca par lequel passe le principal flux du fret en Occident. Cette situation affaiblira les positions de Xi Jinping et le poussera soit à entrer en conflit direct avec des perspectives floues, soit à reconnaître sa défaite et perdre le pouvoir.

Il demeure un grand potentiel explosif en Asie centrale (Afghanistan, Tadjikistan, Kazakhstan), dans la péninsule coréenne, en Asie du Sud-Est (du Myanmar aux îles Salomon, Inde-Pakistan), où les Anglo-Saxons ont rapidement créé l’alliance régionale militaire AUKUS, ce qui témoigne d’éventuelles aggravations dans la région dite indopacifique ; en Amérique latine, où une confrontation armée est possible entre la Colombie et le Brésil soutenus par les Anglo-Saxons, d’un côté, et le Cuba, le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua orientés sur la Chine et la Russie de l’autre.

Le Moyen-Orient mérite une attention à part, où Israël et plusieurs monarchies arabes soutenus par les Anglo-Saxons s’opposent à la Syrie, à l’Iran et aux Houthis au Yémen à orientation « eurasiatique ». Israël bombarde depuis le printemps les abords de Damas et modernise son Dôme de fer avec des systèmes laser. La préparation pour une grande guerre est synchronisée avec les « hôtes du discours » en promouvant le thème de la famine mondiale de 2022-2023 qui pourrait conduire à de nouveaux flux de réfugiés en Europe.

Toutes ces crises ne se consument pas, elles pourraient s’embraser à tout moment. Dans tous les cas mentionnés, les États-Unis et la Chine sont des participants directs ou indirects au conflit. Dans tous les cas, on tire déjà ou on s’apprête à le faire.

Auteur: MANZI
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