« Les agents (de Frontex) ont rapporté que les migrants avaient été retrouvés nus et que certains d’entre eux avaient des blessures visibles », a-t-elle ajouté, s’exprimant de Varsovie, le siège de cette organisation, tandis qu’Athènes assure que la Turquie a forcé ces personnes à se dévêtir avant de les expulser du côté grec de la frontière.
Le ministre grec de la Protection civile, Takis Theodorikakos, a accusé Ankara d’"instrumentaliser l’immigration illégale" mais la Turquie a démenti toute implication dans les traitements dégradants infligés à ces migrants.
Dans une série de messages sur Twitter particulièrement virulents, libellés en turc, en grec et en anglais, la présidence turque a rejeté toute faute sur son voisin grec, qu’elle accuse de comportement « inhumain ».
« Nous invitons la Grèce à renoncer au plus vite à son attitude inhumaine envers les réfugiés, à mettre fin aux accusations fausses et sans fondement contre la Turquie », écrit le directeur de la communication de la présidence turque, Fahrettin Altun.
« Par ces menées ridicules, la Grèce montre une fois de plus au monde entier qu’elle ne respecte même pas la dignité des peuples opprimés, publiant les photos des réfugiés qu’elle a déportés après les avoir dépouillés de leurs effets personnels », ajoute-t-il.
Le vice-ministre turc de l’Intérieur, Ismail Çatakli, avait déjà appelé Athènes à arrêter « la manipulation et la malhonnêteté ».
La plupart des personnes concernées, des Syriens et des Afghans, « ont raconté à des agents de Frontex que trois véhicules de l’armée turque les avaient transférées au niveau de l’Evros », a assuré Takis Theodorikakos dans un entretien avec la chaîne de télévision privée Skai.
« Traitements cruels et dégradants »
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a condamné dimanche sur Twitter des « traitements aussi cruels et dégradants » et demandé une « enquête complète sur cet incident ».
Le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi, avait qualifié samedi l’incident de « honte pour la civilisation ».
La Grèce est régulièrement montrée du doigt par les ONG et différentes enquêtes journalistiques pour des refoulements illégaux et violents effectués à ses frontières maritimes et terrestres avec la Turquie. Mais elle a toujours nié avoir recours à cette pratique contraire au droit international.
Fahrettin Altun a de nouveau insisté dimanche : « Les autorités grecques doivent d’abord rendre des comptes concernant les bébés qu’elles ont laissés se noyer en mer Égée, les personnes qu’elles ont volées et battues avec des ceintures à Meriç (le nom turc d’Evros, NDLR) et laissées mourir de froid en coordination avec Frontex », a-t-il écrit.
Réagissant à l’incident dimanche, l’ONG Mare Liberum a estimé que « dans la région de l’Evros, les crimes contre les droits de l’Homme sont systématiques et commis quotidiennement par la Turquie et la Grèce ».
« Lorsque ces crimes sont discutés publiquement par les membres des gouvernements, cela ne sert qu’à alimenter le conflit » entre ces deux pays, a-t-elle poursuivi.
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