Arrivée à la frontière entre le Rwanda et le Burundi
Alors qu’ils se préparaient à regagner leur pays en franchissant le poste-frontière de Nemba, dans le district de Bugesera, plusieurs d’entre eux ont exprimé leur gratitude pour le traitement humain et la protection dont ils ont bénéficié durant leur séjour.
Parmi les personnes rapatriées figuraient sept réfugiés urbains résidant à Kigali, tandis que les autres vivaient au camp de réfugiés de Mahama, dans le district de Kirehe. L’opération de retour a été appuyée par le gouvernement rwandais, en collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Oscar Niyonkuru, un ancien combattant ayant fui le Burundi après avoir combattu aux côtés du leader de l’opposition Agathon Rwasa, a passé une décennie au Rwanda où il travaillait comme ouvrier du bâtiment à Kigali. Il a salué la sécurité du pays et l’égalité de traitement accordée aux réfugiés.
« Je suis arrivé au Rwanda il y a dix ans après que la situation s’était retournée contre nous dans mon pays », a déclaré Niyonkuru. « Le Rwanda nous a accueillis dignement. Je ne peux pas dire avoir fait face à des difficultés particulières en tant que réfugié. Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est la sécurité qui nous a permis de vivre librement et de reconstruire nos vies comme n’importe quel Rwandais. »
Il a ajouté que les relations entre Burundais et Rwandais à Kigali étaient chaleureuses et solidaires. « Je m’entendais très bien avec les Rwandais. Les jours où je n’avais rien gagné, je pouvais demander de l’aide à mes collègues rwandais ou burundais sans hésiter, et ils pouvaient également compter sur moi lorsqu’ils avaient besoin de soutien. »
Niyonkuru a choisi de rentrer pour retrouver son épouse et ses quatre enfants, qu’il n’a pas vus depuis dix ans. « Mes frères et sœurs m’ont assuré que la situation sécuritaire est calme, alors j’ai décidé de retourner auprès de ma famille », a-t-il indiqué. « Nous avons toujours communiqué, mais sans jamais nous voir. Je reprendrai peut-être le travail que je faisais à Kigali ou j’essaierai quelque chose de nouveau pour recommencer ma vie. »
Aziz Bamuhorubusa, qui avait fui le Burundi avec deux enfants, est rentrée avec cinq, dont trois sont nés au Rwanda. Elle a affirmé que les campagnes de sensibilisation menées par le gouvernement l’avaient encouragée à prendre la décision de rentrer.
« Je rentre chez moi avec mes cinq enfants après avoir entendu les annonces nous ncitant à un retour volontaire », a-t-elle déclaré. « Le Rwanda nous a traités équitablement et avec dignité. Nos droits en tant que réfugiés ont été respectés, et nous n’avons jamais été victimes de violence. Je retourne chez moi en bonne santé. »
Bamuhorubusa espère relancer sa petite entreprise une fois de retour au Burundi, tout en entretenant les amitiés nouées au Rwanda.
« Lorsque les frontières seront ouvertes, nous rendrons visite à nos amis rwandais qui ont été bons avec nous et sont devenus une partie de nos vies. »
Pour Sandrine Abanyana, arrivée au Rwanda alors qu’elle était une jeune femme célibataire, le retour se fait aujourd’hui avec trois enfants nés au Rwanda. Elle a particulièrement salué les services de santé dont elle a bénéficié, notamment lors des accouchements.
« Mon aîné est en troisième année primaire, le second en première année, et le plus jeune n’a pas encore commencé l’école », a-t-elle expliqué. « Ils ont étudié grâce au soutien du gouvernement et du HCR. Ce qui me manquera le plus, ce sont les soins et la qualité des services de santé pendant les accouchements. Je n’ai rencontré aucun problème, et tous mes enfants sont nés en bonne santé. »
Elle espère une transition harmonieuse une fois de retour au Burundi, tandis que son mari, resté au Rwanda, prévoit de les rejoindre prochainement.
Depuis août 2020, un total de 30 907 réfugiés burundais sont retournés volontairement au Burundi depuis le Rwanda. Le pays continue d’en héberger 52 862, dont 42 421 au camp de Mahama, le reste vivant en milieu urbain.
Selon Gonzague Karagire, gestionnaire de projet au sein du ministère en charge de la Gestion des urgences (MINEMA), le processus de rapatriement respecte strictement les normes internationales de protection des réfugiés.
« Ils se sont inscrits pour un retour volontaire à la suite des campagnes, et nous avons procédé aux préparatifs nécessaires », a indiqué Karagire.
« Depuis 2020, le Rwanda collabore étroitement avec le gouvernement burundais et le HCR pour garantir un retour sûr, digne et ordonné. Les questions liées à leur réintégration, à l’assistance et à la sécurité sont toutes prises en compte dans ce cadre. »