« SI LA RDC VEUT RÉELLEMENT TIRER PROFIT DES MINERAIS STRATÉGIQUES, ELLE DOIT S’ADAPTER ET PRIORISER SA SOUVERAINETÉ »
Les pays européens et d’autres cieux se sont fixés de passer, d’ici l’horizon 2035, à la mobilité électrique. Et une des plus values de cette mobilité est la batterie électrique qui est constituée de lithium et autres minerais stratégiques présents en RDC. Actuellement, ceux qui détiennent le dernier mot cherchent non seulement à baisser le prix de ces minétais stratégiques mais aussi à remplacer certains d’entre eux. Ce qui les maintient dans la prise de décision au niveau de la chaîne de valeurs de batteries électriques. Par Kiala Cumis
author By MANZI
    On vendredi 10 mai 2024
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Cette problématique a fait débat à la première journée de la conférence sur l’énergie, ce jeudi 9 mai 2024.

D’après les panelistes lors de ce forum, si la RDC veut réellement tirer profit des minerais stratégiques, elle doit s’adapter plus vite et à tout prix rechercher sa souveraineté.

Jean-Marie Kanda, Directeur Général du Centre Africain d’Excellence pour les Batteries (CAEB), il y a des préalables dont il faut tenir compte.

« Aujourd’hui, le pays ne dispose ni d’un plan stratégique ni d’une politique en la matière.

Les enjeux sur cette question de batterie sont géostratégiques et il faut une belle expertise pour qu’on ne rate pas cet élan. La RDC a annoncé détenir le cobalt et le lithium mais en réalité ces minerais appartiennent aux entreprises minières étrangères qui exploitent sur le sol congolais et donc elle n’a pas les mains libres. Elle doit rechercher sa souveraineté et avoir son dernier mot. », a indiqué le patron de CAEB.

Ce dernier a saisi cette opportunité pour expliquer à l’assemblée les missions assignées à son institution.

Rattaché à la faculté de Polytechnique de l’Université de Lubumbashi, le Centre Africain d’Excellence pour les batteries (CAEB) a été lancé en avril 2022.

Ce centre de recherche et de formation, à vocation africaine, s’inscrit dans un vaste projet qui inclut la création d’un Conseil des batteries de la RDC, chargé de mettre en œuvre les orientations du Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) en matière de batteries et de transition énergétique, et l’implantation d’une ZES dans le Haut-Katanga où seront fabriqués des précurseurs de batteries et des batteries pour véhicules électriques.

Le CAEB est avant tout un cadre de recherche, d’innovation et de formation. Sa vocation est industrielle et technologique. Il sert d’ancrage au développement d’une industrie africaine de fabrication de précurseurs de batteries électriques et de leur assemblage en produits marchands pour les utilisateurs finaux.

Deuxième intervenant dans le panel consacré aux minerais de cobalt, lithium et batteries, l’environnementaliste Mylor Shutcha a tiré la sonnette d’alarme sur le danger environnemental.

« Lorsqu’on fait l’estimation de la pollution en termes liées en hectare, aujourd’hui nous sommes à 17.000 hectares (sol pollué).

Il est clair que lorsqu’on veut développer ces filières de chaîne de valeur, on sait qu’il y aura des impacts sur le plan environnemental. Il faut donc bien gérer cette question avec des outils durables. Il y a des initiatives dans ce sens déjà en RDC. En plus de la production minière, on va vers l’exploitation minière. La RDC doit s’y investir. », a indiqué Mylor Shutcha.

Selon cet expert, les enjeux sont aussi liés au changement global notamment la perturbation de climat.

« On doit diminuer notre empreinte carbone. Il faut également la protection de la biodiversité. Il faut aller vers de modèles mixtes énergétique. », a-t-il dit.

Gustav Isaksson de l’Ambassade de Suède a expliqué ce que les investisseurs recherchent en venant en République Démocratique du Congo.

« Ils recherchent les investissements durables. Ils recherchent le respect de l’environnement, la transparence, le respect de droit de l’homme. Aussi sur les lois, est-ce que les études d’impact sont publiées ? Est-ce qu’on paye les taxes et comment ça se passe ? Il faut tenir compte de cette approche entre le Gouvernement, les entreprises et les universités qui feront avancer ce secteur. La RDC a certes beaucoup de minerais mais on cherche aussi cet échange d’expérience dans la recherche. », a-t-il affirmé.

Lors des discussions dans ce panel, les experts ont démontré qu’il faut une bonne desserte en énergie pour permettre à ce projet de transformation, de fabrication de batteries électriques, de bien évoluer.

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