Peu d’Etats parmi les principaux producteurs peuvent aider l’UE à résoudre ses problèmes d’approvisionnement.
Peu d’Etats parmi les principaux producteurs peuvent aider l’UE à résoudre ses problèmes d’approvisionnement.
La liste des principaux exportateurs montre que trois pays n’aideront pas l’Union européenne à augmenter ses importations de GNL : la Russie bien entendu, la Malaisie et l’Australie dont l’éloignement rend les coûts de transports trop élevés.
Reste donc les Etats-Unis et le Qatar.
Mais ces deux pays ne suffiront pas à livrer les 36 millions de tonnes planifiés par la Commission européenne. Bruxelles tourne donc ses regards aussi vers l’Afrique où un certain nombre de pays pourraient rediriger leurs cargos de GNL vers l’Europe.
Ceci d’autant plus que depuis 2021, avec la hausse des prix de l’énergie, l’Union européenne est devenue un marché plus intéressant que l’Asie.
L’Italie n’a d’ailleurs pas perdu de temps. Le ministre des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, et celui de la Transition écologique, Roberto Cingolani, se sont rendus fin avril à Luanda et Brazzaville pour diversifier les approvisionnements italiens, très dépendants du gaz russe.
D’autres pays, comme l’Algérie et le Nigeria, sont aussi d’importants exportateurs de GNL et pourraient offrir une alternative à l’Europe.
Mi-avril, plusieurs ambassadeurs de pays membres de l’Union européenne ont ainsi rendu visite au ministre nigérien des Ressources pétrolières, Timipre Syiva.
Devant les attentes des Européens, celui-ci a expliqué que le Nigeria est prêt à endosser le rôle de fournisseur alternatif de gaz. Mais pour cela, l’UE doit encourager des compagnies comme Shell, Eni et TotalEnergies à accroitre leurs investissements au Nigeria.
Le Nigeria et le Maroc sont en effet à la recherche de fonds pour financer un gigantesque projet de gazoduc, long de 5.600 kilomètres, visant à acheminer le gaz nigérian à l’Afrique du Nord et à l’Europe.
Le chantier ne devrait pas être terminé avant 2046 mais le ministre nigérian des Ressources pétrolières a ajouté, avec une certaine malice, que "les Russes sont très désireux d’investir dans ce projet".
Peu d’Etats parmi les principaux producteurs peuvent aider l’UE à résoudre ses problèmes d’approvisionnement.
Peu d’Etats parmi les principaux producteurs peuvent aider l’UE à résoudre ses problèmes d’approvisionnement.
La liste des principaux exportateurs montre que trois pays n’aideront pas l’Union européenne à augmenter ses importations de GNL : la Russie bien entendu, la Malaisie et l’Australie dont l’éloignement rend les coûts de transports trop élevés.
Reste donc les Etats-Unis et le Qatar.
Mais ces deux pays ne suffiront pas à livrer les 36 millions de tonnes planifiés par la Commission européenne. Bruxelles tourne donc ses regards aussi vers l’Afrique où un certain nombre de pays pourraient rediriger leurs cargos de GNL vers l’Europe.
Ceci d’autant plus que depuis 2021, avec la hausse des prix de l’énergie, l’Union européenne est devenue un marché plus intéressant que l’Asie.
L’Italie n’a d’ailleurs pas perdu de temps. Le ministre des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, et celui de la Transition écologique, Roberto Cingolani, se sont rendus fin avril à Luanda et Brazzaville pour diversifier les approvisionnements italiens, très dépendants du gaz russe.
D’autres pays, comme l’Algérie et le Nigeria, sont aussi d’importants exportateurs de GNL et pourraient offrir une alternative à l’Europe.
Mi-avril, plusieurs ambassadeurs de pays membres de l’Union européenne ont ainsi rendu visite au ministre nigérien des Ressources pétrolières, Timipre Syiva.
Devant les attentes des Européens, celui-ci a expliqué que le Nigeria est prêt à endosser le rôle de fournisseur alternatif de gaz. Mais pour cela, l’UE doit encourager des compagnies comme Shell, Eni et TotalEnergies à accroitre leurs investissements au Nigeria.
Le Nigeria et le Maroc sont en effet à la recherche de fonds pour financer un gigantesque projet de gazoduc, long de 5.600 kilomètres, visant à acheminer le gaz nigérian à l’Afrique du Nord et à l’Europe.
Le chantier ne devrait pas être terminé avant 2046 mais le ministre nigérian des Ressources pétrolières a ajouté, avec une certaine malice, que "les Russes sont très désireux d’investir dans ce projet".
Les pays africains qui pourraient exporter plus de GNL vers l’Europe.
Manque d’infrastructures en Europe
Le problème est que les principales installations pour regazéifier le gaz naturel liquéfié sont en Espagne et au Portugal, loin de l’Allemagne ou des pays de l’est qui sont très dépendants du gaz russe.
Cesser d’être dépendant du gaz russe "est un processus qui demande plus de temps", a admis le chancelier allemand Olaf Scholz lors d’une visite au Japon le 28 avril, car le pays doit construire des terminaux méthaniers pour transformer le gaz naturel liquéfié livré par bateau, a-t-il rappelé.
Quant aux gazoducs qui alimentent l’Europe depuis l’Afrique du Nord, leurs capacités restent limitées et les tensions diplomatiques dans la région compromettent leur fiabilité.
Trois gazoducs sont à ce jour en activité : le Medgaz qui relie l’Algérie à l’Espagne, le Transmed qui transporte le gaz algérien en Italie via la Tunisie et le Greenstream entre la Libye et l’Italie.
Un quatrième gazoduc, le Maghreb-Europe, n’est plus en activité depuis novembre 2021 : le gaz transitait par le Maroc et Alger l’a fermé après la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en raison du différend sur le Sahara occidental.
Globalement, l’Algérie est parvenue en 2021 à exporter 34,5 milliards de mètres cubes de gaz à l’Espagne et l’Italie mais ses capacités à pousser les volumes sont faibles, d’autant plus que sa demande intérieure est en hausse.
Quant à la Libye, pays ravagé par la guerre, elle peine déjà à livrer 3,2 milliards de mètres cubes à l’Italie.
L’insécurité sur le continent africain vient s’ajouter aux problèmes qui menacent la fiabilité de ses livraisons.
En effet, le Global Energy Monitor, dans son rapport de juin 2021, souligne qu’un des changements les plus importants en 2020 et 2021 a été "le déclin des infrastructures d’exportation (de GNL) en développement en Afrique, dû presque entièrement aux troubles dans la région de Cabo Delgado au Mozambique.”
L’Afrique du Nord ne peut que partiellement remplacer le gaz russe.
La déception du Mozambique
La découverte en 2010 des plus grandes réserves de gaz naturel d’Afrique subsaharienne avait fait miroiter au Mozambique une place parmi les dix premiers exportateurs mondiaux.
La province à majorité musulmane du Cabo Delgado, dans le nord-est du pays, a alors vu naître trois projets : Mozambique LNG, un consortium opéré par TotalEnergies, Rovuma LNG dirigé par l’américain ExxonMobil et Coral-Sul FLNG par l’italien ENI.
Mozambique LNG est le plus gros projet en termes de capacités : 22,9 millions de tonnes de GNL par an pour un investissement de 15 milliards de dollars.
Mais fin mars 2021, une attaque du groupe djihadiste Ansar al-Sunna sur la ville côtière de Palma a remis en cause la sécurité du projet, si bien que le 26 avril 2021, TotalEnergies a déclaré la "force majeure” lui permettant de suspendre le projet sans conséquences contractuelles.
Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a déclaré le 28 avril dernier que les travaux ne reprendront au Mozambique que lorsque la sécurité sera revenue.
A l’occasion d’une visite fin janvier au Mozambique, celui-ci avait fixé un nouvel objectif pour 2026 mais un retour à la normale pourrait être envisagé dès début 2023.
Les succès rencontrés contre les groupes djihadistes pourraient le permettre. Le Rwanda et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ont envoyé au cours de l’été dernier environ 3.000 soldats en soutien à l’armée mozambicaine et l’armée sudafricaine considère que l’insurrection est "déstabilisée”, sans qu’on connaisse toutefois ses capacités de conduire de nouvelles attaques.
En revanche, l’italien ENI, qui a misé sur la liquéfaction du gaz en pleine mer, maintient son objectif de production au second semestre 2022 (3,4 millions de tonnes par an). En effet, les risques d’attaques en pleine mer sont beaucoup plus faibles.
Le projet d’ExxonMobil, plus coûteux (30 milliards de dollars), est quant à lui au point mort. La construction des installations d’une capacité annuelle de 15,2 millions de tonnes n’a pas démarré et le groupe américain ne semble pas vouloir s’engager de nouveau tant que la situation sécuritaire ne s’est pas améliorée.
L’arrêt du projet gazier au Mozambique est un coup dur porté au développement de l’extraction de gaz naturel en Afrique.
Le gaz et les objectifs climatiques
Enfin, il y a un autre obstacle de taille au développement en Afrique de l’exportation de gaz naturel liquéfié : le réchauffement climatique.
Le gaz n’étant considéré que comme un moyen transitoire de régler le problème environnemental, peut-on dans ces conditions faire de lourds investissements si ceux-ci sont remis en cause dans vingt ans ?
Certes, la combustion du gaz provoque deux fois moins d’émission de gaz carbonique que le charbon. Mais, comme le rappelle le Global Energy Monitor, le processus d’extraction et de transport du gaz est caractérisé par des fuites de méthane qui est un puissant gaz à effet de serre.
Or, le secteur de l’énergie est responsable des trois quarts des émissions de gaz à effet de serre.
Dans son rapport sur l’objectif "zéro émission nette” à l’horizon 2050, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime assez abruptement que "entre 2020 et 2050, le commerce du gaz naturel liquéfié devra être réduit de 60% et celui du gaz transporté par gazoducs de 65%”.
Si l’AIE admet que le commerce de gaz naturel liquéfié va s’accroître en 2020 et 2025, en revanche ses conclusions sont en contradiction avec celles des grands groupes du secteur de l’énergie qui estiment que le commerce mondial de GNL va atteindre 700 millions de tonnes en 2040 alors que l’AIE évoque... 116 millions de tonnes.
Des prévisions contradictoires entre l’industrie et les objectifs climatiques.
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