Relations Corée-Afrique
Rappelant avec satisfaction le Sommet Corée-Afrique de 2024 et déterminés à mettre en œuvre ses résultats, nous avons convenu de renforcer davantage le partenariat pratique et mutuellement bénéfique entre les deux parties.
Nous avons souligné la complémentarité entre la priorité diplomatique de la Corée, consistant à diversifier son engagement international et à relever activement les défis mondiaux, et l’Agenda 2063 de l’Union africaine ainsi que son deuxième plan décennal de mise en œuvre, qui portent la vision d’une Afrique intégrée, prospère et pacifique.
Les participants ont également examiné l’instabilité géopolitique mondiale, les situations en Ukraine et au Moyen-Orient ainsi que leurs conséquences sur l’économie mondiale, notamment sur la sécurité alimentaire et la stabilité économique en Afrique. Ils ont reconnu l’importance stratégique croissante du continent africain, en particulier en ce qui concerne les routes maritimes et les ressources naturelles, notamment les minerais critiques.
Renforcement de la coopération économique
Commerce, infrastructures et investissements
Les deux parties ont souligné la nécessité de renforcer la coopération économique afin de promouvoir une prospérité partagée et une croissance durable.
Elles ont insisté sur l’importance du renforcement des cadres institutionnels et de l’amélioration de l’accès réciproque aux marchés à travers divers accords, notamment les traités bilatéraux d’investissement, les conventions de non-double imposition, les accords de services aériens, les accords de sécurité sociale et les accords de partenariat économique global.
Les participants ont salué les efforts de l’Afrique visant à mettre en place un marché unique à travers la ZLECAf. La Corée a réaffirmé son engagement à soutenir cette dynamique grâce au Fonds de coopération Corée-ZLECAf, au renforcement des capacités douanières, à la mise en place d’un système intégré de gestion de l’origine des marchandises et au partage de son expérience en matière d’accords de libre-échange.
Ils ont également reconnu la nécessité de poursuivre la coopération dans le développement d’infrastructures fiables et résilientes, notamment les routes, chemins de fer, ports, aéroports, barrages, installations de dessalement ainsi que les systèmes de gestion de l’eau et de l’électricité. Ils ont accueilli favorablement la promotion des investissements coréens dans les infrastructures africaines et convenu de renforcer la coopération gouvernementale dans ce domaine.
Sciences, technologies et éducation
Les deux parties ont souligné l’importance de la science, du numérique et de l’innovation pour stimuler la productivité et soutenir une coopération économique mutuellement bénéfique.
La Corée s’est engagée à accompagner le développement des capacités africaines en technologies de l’information et de la communication à travers le transfert de technologies, le renforcement des compétences locales et l’appui aux stratégies numériques nationales et régionales.
Cette coopération comprend notamment le déploiement de systèmes numériques tels que le système électronique de dédouanement UNI-PASS, le système coréen de passation électronique des marchés publics KONEPS et le service national d’information statistique KOSIS.
Les deux parties ont également reconnu l’importance croissante de l’intelligence artificielle comme levier transversal pour atteindre les Objectifs de développement durable.
Soulignant que 60 % de la population africaine est constituée de jeunes, elles ont insisté sur l’importance de l’éducation, du développement des ressources humaines et de la transformation numérique inclusive.
La coopération portera notamment sur l’enseignement numérique, la création de centres d’enseignement technique et professionnel, l’élargissement du programme de bourses Global Korea Scholarship (GKS) ainsi que le soutien à la Stratégie de transformation numérique de l’Union africaine pour la période 2020-2030.
Sécurité alimentaire et coopération agricole
L’Afrique a salué les efforts de la Corée pour renforcer la sécurité alimentaire du continent grâce à son expérience et son savoir-faire agricoles.
Les deux parties ont exprimé leur volonté de poursuivre les initiatives visant à améliorer l’autosuffisance alimentaire des pays africains, notamment à travers le projet K-Ricebelt, le Programme coréen pour l’innovation agricole (KOPIA) et l’Initiative de coopération alimentaire et agricole Corée-Afrique (KAFACI).
Elles ont également encouragé une coopération accrue dans les domaines des technologies agricoles avancées, de la production d’engrais, de l’irrigation, du transfert de technologies et de l’échange de connaissances.
Coopération dans le domaine des minerais critiques
Reconnaissant l’importance stratégique croissante des minerais critiques utilisés notamment dans les centres de données d’intelligence artificielle, les véhicules électriques et les batteries, les participants se sont engagés à promouvoir un approvisionnement stable tout en favorisant la création de valeur ajoutée locale en Afrique.
Ils ont insisté sur le respect de normes élevées en matière d’environnement, de travail, de transparence et de droits humains.
Les deux parties ont convenu de poursuivre les consultations en vue de l’organisation du deuxième Dialogue Corée-Afrique sur les minerais critiques.
Réponse commune aux défis mondiaux
Coopération au développement
Les participants ont salué la contribution de la Corée à la mise en place d’une coopération au développement structurée et à l’augmentation continue de son aide publique au développement en faveur de l’Afrique.
Ils ont réaffirmé leur volonté de renforcer ce partenariat dans les domaines de la technologie, du numérique, de l’innovation, de la santé, de l’adaptation au changement climatique et du développement rural durable.
Changement climatique et santé
Les deux parties ont pris acte des effets négatifs du changement climatique et salué les efforts de la Corée et des pays africains en faveur de la transition énergétique et des énergies renouvelables.
Elles se sont engagées à renforcer leur coopération bilatérale et multilatérale à travers divers projets de restauration forestière, de lutte contre la dégradation des terres et de gestion durable des ressources naturelles.
Les participants ont également reconnu que le changement climatique constitue désormais une crise sanitaire majeure, aggravant les maladies à transmission vectorielle, l’insécurité alimentaire, le stress hydrique et les catastrophes naturelles.
Ils ont souligné la nécessité d’intégrer les politiques climatiques et sanitaires.
Saluant le thème de l’Union africaine pour 2026 consacré à l’accès durable à l’eau et à l’assainissement, les deux parties ont convenu d’intensifier leur coopération dans la gestion durable des ressources hydriques.
Concernant la santé publique, elles ont rappelé la solidarité manifestée lors des précédentes crises sanitaires mondiales, y compris l’actuelle épidémie mondiale d’Ebola, et se sont engagées à renforcer l’accès à la couverture sanitaire universelle et aux soins de santé de base en Afrique.
Paix et sécurité
Les participants ont réaffirmé leur engagement en faveur de la prévention de l’extrémisme violent et de la consolidation de la paix sur le continent africain.
Ils ont salué la contribution de la Corée, qui a versé 26,4 millions de dollars au cours de la dernière décennie au Fonds de paix de l’Union africaine.
Ils ont également accueilli favorablement la décision d’intégrer la contribution coréenne au Fonds de paix dans le Fonds de coopération de l’Union africaine.
Les deux parties ont soutenu les efforts africains de prévention et de résolution des conflits, tout en soulignant l’importance du rôle des jeunes et des femmes dans la promotion de la paix.
Les participants ont également salué le soutien de la Corée aux opérations de maintien de la paix, notamment le déploiement de l’unité Hanbit au Soudan du Sud, ainsi que sa participation à la lutte contre la piraterie et la criminalité maritime au large des côtes africaines.
Ils ont convenu de renforcer leur coopération dans les domaines de la défense et de l’industrie de défense, notamment à travers la signature de protocoles d’accord, l’élargissement des programmes de formation militaire et le transfert d’équipements militaires réformés.
Échanges entre les peuples
Les participants ont souligné l’importance des échanges humains pour renforcer la compréhension mutuelle et la solidarité entre la Corée et l’Afrique.
Ils ont convenu d’intensifier les échanges dans les domaines de l’éducation, de la culture, des arts, du sport, du tourisme ainsi que les interactions entre gouvernements, parlements, collectivités locales, secteur privé et institutions académiques.
Ils ont également affirmé la nécessité de protéger le patrimoine culturel contre le trafic illicite et de favoriser la restitution des biens culturels à leurs pays d’origine.
Dans cette perspective, ils ont annoncé le lancement de la « Caravane Corée-Afrique », une plateforme annuelle de dialogue et d’échanges culturels qui se tiendra en Afrique.
Perspectives d’avenir
Réaffirmant leur engagement à mettre en œuvre les résultats du Sommet Corée-Afrique, les participants ont souligné l’importance du suivi et de l’évaluation des projets de coopération dans un contexte international en constante évolution.
Ils ont convenu de poursuivre la coopération à travers les mécanismes de consultation de haut niveau, notamment lors de la 8e Conférence ministérielle sur la coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), prévue en septembre 2026.
Enfin, les participants ont accueilli favorablement la proposition de la Corée d’organiser le prochain Sommet Corée-Afrique en 2029, dont les modalités seront examinées lors de la prochaine réunion des hauts fonctionnaires Corée-Afrique.