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AMBASSADEUR NDAGIJIMANA PERD LE PROCES CONTRE CHRETIEN ET DUPAQUIER

Au tribunal correctionnel de Rouen, en France, l’ancien ambassadeur Jean Marie Ndagijimana, exilé en France, vient de perdre le procès qu’il avait intenté contre l’historien Jean-Pierre Chrétien et l’écrivain-journaliste Jean-François Dupaquier, où il les accusait de diffamation et d’injure publique.

Jean-Pierre Chrétien et Jean-François Dupaquier avaient été mis en examen à la suite d’une lettre adressée au pasteur adventiste Jean-Guy Presles, président du Collectif organisateur de conférences qui se sont tenues en 2009 à Rouen sur « le dialogue et la réconciliation entre Rwandais » où le mot « génocide » était significativement absent de l’intitulé des quatre conférences.

Dans ce courrier, ils estimaient qu’il avait été « trompé » et que les orateurs, dont l’ancien ambassadeur Jean-Marie Vianney Ndagijimana, défendaient tous la même thèse, celle du « double génocide » dont auraient été victimes simultanément les Hutus et les Tutsis. Ils soutenaient que les orateurs avaient rejoint ainsi « les réseaux européens des négationnistes du génocide des Tutsis ».

Lors du procès, la représentante du ministère public, Isabelle Poidevin, avait demandé la relaxe pour la quasi-totalité des expressions incriminées et une peine « purement symbolique » pour une expression qui pouvait apparaître comme
« maladroite ». Elle avait souligné que les propos des accusés « relevaient du débat d’idées », en soulignant qu’il fallait retenir « la bonne foi » et en rappelant aussi la jurisprudence en la matière dans un affaire similaire jugée en 2006 à Paris.

Le tribunal les a relaxés, estimant que ce courrier n’avait aucun caractère public.

Prolongeant les explications de plusieurs témoins de la Défense, Me Gilles Paruelle, avocat de Jean-François Dupaquier, a fait observer que la thèse du « double génocide » était clairement « négationniste », tout en rappelant que le courrier en question n’avait pas vocation à être rendu public.


De son côté, Me Macha Sinègre-David, avocate de Jean-Pierre Chrétien, a souligné non seulement la bonne foi, mais aussi la compétence reconnue de son client concernant l’Afrique des Grands lacs.

Dans sa défense, comme il le répète à chaque fois que l’occasion se présente, l’ambassadeur, pendant l’audience, il a repris sa chanson comme quoi sa mère était une Tutsi, comme si cela lui donnait le droit de défendre le négationnisme. Ndagijimana sait bien que dans le couple mixte pendant le génocide, la mixité ne les a pas empêché à commettre le génocide, y compris sur leurs propres époux ou épouse et sur leurs propres enfants.

Mr Dupaquier a déclaré à l’issue du jugement que c’est un vrai soulagement, et il rendu hommage à la qualité des débats et à l’occasion que la présidente du tribunal, Mme Claire Fouquet-Lapar les a donné pour s’exprimer longuement.


Jean Pierre Chrétien estime que Jean-Marie Vianney Ndagijimana espérait obtenir du tribunal de Rouen une décision qui accréditerait sa thèse du « double génocide ». Mais le tribunal ne s’est pas engagé dans cette réécriture de l’Histoire, mais a fait respecter la liberté d’expression et de recherche en France. M. Ndagijimana a échoué sur toute la ligne.

Rappelons que Ambassadeur Jean Marie Ndagijimana, était parmi les personnalités de l’opposition qui ont été nommées au gouvernement rwandais juste après le génocide.

Après quelques semaines comme ministre des Affaires étrangères, Ndagjimana a profité de sa mission à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 1994, pour abandonner son poste et fuir en France avec les fonds de fonctionnement qu’il devait remettre à la représentation du Rwanda auprès des Nations unies à New York.

Auteur: MANZI
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