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CANADA – RWANDA : Le Canada ouvrira une ambassade au Rwanda, où Trudeau amorce un voyage de 10 .

Le Canada a annoncé mercredi qu’il ouvrira une ambassade au Rwanda pour lutter contre l’influence russe sur le continent africain, peu de temps après l’arrivée du premier ministre Justin Trudeau dans le pays. Il amorce un voyage de 10 jours pour s’entretenir avec d’autres dirigeants mondiaux. Par Laura Osman

L’avion de Justin Trudeau a atterri au coucher du soleil à Kigali, la capitale, où il se réunira à partir de jeudi avec les chefs de gouvernement des 53 autres pays du Commonwealth pour la première fois depuis 2018.

La réunion initiale, prévue en 2020, a été, comme tant d’autres, reportée à cause de la pandémie de COVID-19 qui reste une toile de fond importante pour les pourparlers.

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, qui assiste au sommet avec le premier ministre, a annoncé que le Canada établirait une ambassade permanente à Kigali et nommerait un ambassadeur à ce poste.

Le Canada nommera également un nouvel ambassadeur auprès de l’Union africaine établie à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie.

Elle a souligné que l’influence russe et même chinoise se faisait de plus en plus sentir sur le continent africain.

« Nous ne pouvons pas être naïfs, nous devons nous assurer que nous avons des diplomates sur le terrain avec des yeux et des oreilles qui écoutent ce qui se passe, pour nous assurer que nous pouvons jouer un rôle positif avec le Rwanda et toute la région », a-t-elle ajouté.

Conséquences alimentaires de la guerre

Les conséquences de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, qui a commencé le 24 février, se sont fait sentir dans le monde entier, en particulier dans certains des petits pays dont les dirigeants se réuniront à Kigali.

Le conflit a déclenché une énorme crise de réfugiés. Il a également limité l’accès d’autres pays au blé d’Ukraine, souvent qualifié de grenier de l’Europe en raison de son importante production alimentaire.

Les pays africains, dont 19 sont membres du Commonwealth, ont ainsi été confrontés à une insécurité alimentaire particulièrement grave. Le Programme alimentaire mondial des Nations unies a averti que des millions de personnes dans les pays en développement et les zones de conflit sont menacées de famine.

Avant la guerre, la Russie et l’Ukraine produisaient environ 30 % des céréales exportées dans le monde. La fermeture de ports clés de la mer Noire a rendu difficile l’expédition de ces marchandises vers les pays qui en ont besoin.

Le Canada travaillera selon plusieurs axes pour atténuer la crise alimentaire déclenchée par la guerre, ont déclaré des responsables gouvernementaux qui ont fourni aux médias un compte-rendu avant le voyage à condition qu’ils ne soient pas identifiés.

Le Canada a déjà apporté un soutien humanitaire à l’Ukraine et ailleurs, ont ajouté les responsables, et peut s’appuyer sur l’expertise des agriculteurs canadiens en matière de stockage et d’expédition de récoltes dans des situations difficiles pour aider le grain ukrainien à atteindre ceux qui en ont besoin.

Ils ont également souligné que le Canada cultive une quantité importante de céréales.

Réticence à condamner la Russie

M. Trudeau a parlé de mesures potentielles lors d’un appel téléphonique la semaine dernière avec le président rwandais Paul Kagame, qui accueillera la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth.

Le Canada ralliera également le soutien à l’Ukraine parmi les membres du Commonwealth et tentera de convaincre tous les dirigeants qui pourraient être réticents à condamner la Russie.

Lorsque les Nations unies ont voté la suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme en avril, 58 pays se sont abstenus lors du vote. Parmi ceux-ci, 29 étaient des pays du Commonwealth.

À Kigali, M. Trudeau participera à des réunions avec des dirigeants du Commonwealth et à des tables rondes sur l’économie climatique. Le prince Charles et le premier ministre britannique Boris Johnson devraient également assister au rassemblement. La reine a assisté au sommet du Commonwealth de 2018, qui s’est tenu au palais de Buckingham.

M. Trudeau devrait également rendre hommage jeudi au mémorial du génocide de Kigali, en mémoire du génocide rwandais de 1994 contre le peuple tutsi.

G7 puis OTAN

Justin Trudeau partira ensuite pour Schloss Elmau, une station balnéaire des Alpes bavaroises en Allemagne, pour le sommet des dirigeants du G7 samedi avant de se rendre à une réunion de l’OTAN à Madrid la semaine prochaine. Il rencontrera également Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol.

Le Congrès ukrainien canadien a déclaré qu’il s’attend à ce que M. Trudeau incite d’autres leaders à agir lorsqu’il sera en Allemagne et en Espagne.

Le président du Congrès, Ihor Michalchyshyn, a indiqué avoir parlé à des responsables ukrainiens de la défense lors d’un récent voyage à Kyiv, qui ont souligné la situation désastreuse à laquelle ils sont confrontés avec la diminution des équipements militaires.

« Ils n’ont pas assez d’armes. Ils ont en fait dit qu’ils allaient manquer de munitions dans les semaines et les mois à venir, a précisé M. Michalchyshyn. S’il n’y a rien de substantiel annoncé et opérationnalisé là-bas, la rhétorique est vide. »

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky devrait s’adresser aux sommets du G7 et de l’OTAN, où la conversation sera largement axée sur le soutien économique et militaire au pays assiégé.

La semaine dernière à Bruxelles, la ministre de la Défense Anita Anand, qui se joindra à M. Trudeau au sommet de l’OTAN, a annoncé que le Canada livrerait 10 canons d’artillerie de remplacement, d’une valeur de 9 millions $, pour soutenir les obusiers d’artillerie M777 déjà fournis.

Plusieurs dirigeants mondiaux ont rencontré M. Zelensky à l’approche de la série de sommets, dont M. Johnson, qui a effectué une visite surprise à Kyiv la semaine dernière.

M. Johnson a promis plus de formation militaire britannique pour les troupes ukrainiennes, une voie que pourrait également suivre le Canada, selon M. Michalchyshyn.

M. Trudeau a effectué son propre voyage inopiné en Ukraine le mois dernier.

À la fin de janvier, 33 346 candidats pour les Forces de sécurité ukrainiennes avaient participé au programme de formation du Canada, appelé Opération Unifier, depuis septembre 2015.

« L’opération Unifier a été l’une des plus importantes contributions du Canada à la défense ukrainienne au cours des dernières années, a rappelé M. Michalchyshyn. Le Canada devrait, à ce stade, suivre l’exemple et travailler dans les domaines où nous sommes les plus forts. »

Le premier ministre letton Krisjanis Karins a pressé M. Trudeau lors de sa visite au Canada le mois dernier pour une présence militaire plus permanente dans les pays baltes afin de contrer toute perception russe de la faiblesse de l’OTAN dans la région.

Le Canada compte actuellement près de 700 soldats à la tête d’un groupement tactique de l’OTAN en Lettonie, l’un des nombreux dans la région. Lors d’une conférence de presse conjointe avec M. Karins à Ottawa, M. Trudeau a annoncé qu’un général et six officiers d’état-major des Forces armées canadiennes seraient déployés au quartier général de l’OTAN à Adazi, près de Riga, la capitale lettone, mais a reporté toute décision majeure aux pourparlers de l’OTAN.

L’invasion russe de l’Ukraine a attiré davantage de pays à la prochaine réunion de l’OTAN à Madrid, dont le premier ministre japonais Fumio Kishida. Il est le premier dirigeant japonais à se joindre à une réunion au sommet de l’alliance militaire de l’Atlantique Nord.

La Suède et la Finlande, qui ont demandé à rejoindre l’OTAN, envoient des délégations. Le nouveau président sud-coréen Yoon Suk-yeol a également fait part de son intention d’y assister.

M. Trudeau devrait revenir à Ottawa le 30 juin, à temps pour les célébrations de la fête du Canada.

Auteur: MANZI
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