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EAC : Le Président Ruto Confirme l’Envoi de Troupes, un Sommet de l’EAC Prévu

Plusieurs mois après l’annonce de la mise en place de la force régionale de l’EAC pour lutter contre le M23 en RDC, le Kenya a annoncé mercredi 2 novembre l’envoi de troupes. Mais la force dans sa totalité peine à voir le jour, malgré des avancées.

Le président William Ruto auprès des forces armées kényanes, le 2 novembre 2022. © Florence Morice

Le Kenya semblait hésiter depuis plusieurs semaines à engager ses soldats contre les rebelles du M23 qui bénéficient, selon la communauté internationale, de l’aide de Kigali, malgré ses dénégations. Mais Nairobi a indiqué, lors d’une cérémonie de présentation du drapeau ce mercredi, le déploiement d’un contingent dans l’est de la RDC.

Près d’un millier de soldats ont suivi ces dernières semaines un entraînement préparatoire, selon l’armée kényane. Ils sont donc désormais prêts à être déployés progressivement dans l’est de la RDC pour une durée initiale de six mois, rapporte notre correspondante à Nairobi, Florence Morice.

Selon le ministère de la Défense, ces soldats doivent se rendre dans un premier temps à Goma, où est déjà installé le quartier de la force régionale. Et c’est seulement là-bas que le détail des opérations devrait être décidé en concertation avec l’armée kényane et avec le commandement kényan de la force régionale, en la personne du brigadier Jeff Nyagah.

William Ruto a déclaré avoir mené d’intenses consultations avant de décider ce déploiement. Il s’est notamment entretenu avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a, dit-il, donné son accord tacite avec le président de l’Union africaine, Macky Sall, ainsi qu’avec les chefs d’États de la région : le Burundais Évariste Ndayishimiye, l’Ougandais Yoweri Museveni et le Rwandais Paul Kagame.

« Nous sommes tombés d’accord », a déclaré William Ruto ce mercredi sur le fait qu’« il est de notre responsabilité collective de préserver la sécurité de notre région et de notre continent ». « En tant que voisins, le destin de la RDC est lié au nôtre », a lancé le président Ruto, rappelant que le contingent était envoyé « en mission pour protéger l’humanité ».

Seul le Burundi, aujourd’hui l’un des principaux alliés de Kinshasa dans la région, a déjà déployé ses troupes. Mais ces soldats, dont une partie se trouve sur le sol congolais depuis bien avant la décision de mettre en place la force régionale de la Communauté des États de l’Afrique de l’Est, opèrent dans le Sud-Kivu, bien loin du théâtre militaire au cœur de toutes les attentions dans la province du Nord-Kivu.

Sommet extraordinaire de l’EAC

Est-ce la peur de voir des Congolais, de plus en plus agacés par les retards accumulés dans la mise en place de la force régionale, se tourner vers la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ? Plusieurs initiatives ont été annoncées depuis mardi dans la région, selon nos sources.

Le président burundais et président en exercice de l’EAC, Évariste Ndayishimiye, a discuté avec plusieurs de ses homologues de la région, dont le Rwandais Paul Kagame, selon nos sources.

Ses services ont déclaré dans la foulée une réunion des chefs d’état-major des armées régionales, qui sera suivi d’un sommet extraordinaire des chefs d’États de l’EAC, probablement le 21 novembre prochain à Bujumbura. Son objectif, tenter de donner une nouvelle impulsion à une force régionale qui tarde à voir le jour, alors que la situation ne cesse de se dégrader à l’est de la RDC.

La Monusco se retire de Rumangabo

Et face à l’avancée du M23, la dernière force militaire régulière en place dans la ville, la Monusco, a décidé de se retirer de la base de Rumangabo. « Nous avons opéré un retrait stratégique et tactique, en concertation avec nos partenaires, pour mieux préparer les prochaines étapes », a indiqué la mission onusienne sur son compte Twitter.

La semaine passée, les éléments de l’armée congolaise avaient déjà évacué ce camp stratégique, situé à l’est des Virunga, où se trouve d’ailleurs le QG du célèbre parc. Et avant l’armée, ce sont les réfugiés venus ces derniers mois qui ont fui vers Goma suite aux avancées des éléments du M23. Près de 4 000 ménages vivaient dans des conditions difficiles à Rumangabo.

La base militaire de Rumangabo servait d’ailleurs de quartier général au mouvement lors de l’insurrection de 2012 à 2013. Toujours sur Twitter, la Monusco a indiqué « rester mobilisée aux côtés des Forces armés de la RDC pour protéger les civils ».

Auteur: MANZI
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