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GÉNOCIDE CONTRE LES TUTSI : Laurent Bucyibaruta, un ancien préfet accusé de « génocide » devant la .

Haut fonctionnaire dans le sud-ouest du pays aux pires heures d’avril 1994, il devra également répondre de « complicité de crimes contre l’humanité ». Par Pierre Lepidi

Une photo de Laurent Bucyibaruta (à gauche), ancien préfet de Gikongoro en avril 1994, au mémorial du génocide de Murambi dans le district de Nyamagabe, dans le sud-ouest du Rwanda, le 21 avril 2022. SIMON WOHLFAHRT / AFP

Le 21 avril 1994 vers trois heures du matin, Laurent Bucyibaruta a-t-il organisé la mort de milliers de Tutsi venus se réfugier dans l’école technique de Murambi, dans le sud du Rwanda, après leur avoir fait croire à l’aide d’un porte-voix qu’ils y seraient en sécurité ? A-t-il lui-même tiré sur eux au cours de ce massacre qui a fait près de 45 000 morts ? Le haut fonctionnaire a-t-il ensuite récompensé les miliciens Interahamwe ayant participé à ce bain de sang en leur offrant du bétail qui appartenait aux victimes ?

C’est à ces questions et à des centaines d’autres que la cour d’assises de Paris va devoir répondre, du lundi 9 mai au vendredi 1er juillet, au cours du procès de Laurent Bucyibaruta, haut fonctionnaire rwandais aux pires heures du génocide des Tutsi, qui fit entre 800 000 et un million de morts au printemps 1994

Né dans la commune de Musange, au sud-ouest du Rwanda, Laurent Bucyibaruta était en avril 1994 préfet de Gikongoro, sa région de naissance, après avoir occupé la même fonction à Kibungo (de 1985 à 1992), à l’est du pays. Avec le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND), le parti unique fondé par le président Juvénal Habyarimana, il a aussi été élu bourgmestre de Musange puis à l’Assemblée nationale du Rwanda.

« Il fut un personnage majeur dans les rouages du génocide, estime Richard Gisagara, avocat de la communauté rwandaise de France qui s’est constituée partie civile. En tant que préfet, il représentait le gouvernement au niveau local, dirigeait la gendarmerie et la sécurité publique. En 1994, il y a eu de très nombreux massacres dans la région de Gikongoro. »

« Extermination, viol et assassinat »
Agé aujourd’hui de 77 ans, Laurent Bucyibaruta, qui va comparaître libre, est accusé pour des faits imprescriptibles de « génocide », « complicité de génocide » et « complicité de crimes contre l’humanité ». Il aura fallu plus de deux décennies pour que l’ancien fonctionnaire, réfugié en France depuis 1997 après un passage en République démocratique du Congo et en Centrafrique, se présente face à un tribunal.

Son long parcours judiciaire a commencé par une plainte déposée en janvier 2000 par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et l’association Survie. Quelques semaines plus tard, Laurent Bucyibaruta est arrêté et incarcéré à la prison de la Santé. Il recouvre la liberté en décembre 2000 mais est placé sous contrôle judiciaire.

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Auteur: MANZI
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