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ONU : Les défaillances des forces onusiennes de maintien de la paix pointées par Ismaël .

Le 29 mai a été célébré la Journée des forces de maintien de la paix de l’Onu. À part les succès reconnus, les Casques bleus onusiens n’ont pas réussi à accomplir certaines missions, notamment au Rwanda, estime auprès de Sputnik l’expert rwandais Ismaël Buchanan.

Goma, RD Congo - Sputnik BY-SA 2.0 / MONUSCO Photos/Abel Kavanagh /

Depuis 1945, les Casques bleus de l’Onu ont participé à plus de 70 opérations, dont près de 30 en Afrique. Ces missions ont connu des succès, mais également des échecs, indique auprès de Sputnik Ismael Buchanan, expert rwandais de l’École de l’économie et de la gouvernance de l’Université du Rwanda.
Ainsi, la mission onusienne au Rwanda entre 1993 et 1996 a été « la pire opération », selon lui. « À 100%, cette mission a été un échec total », soutient l’expert.

Les raisons de la défaillance

Ismaël Buchanan pointe les principales raisons pour lesquelles les opérations onusiennes ont échoué : l’inaction lorsque des civils sont menacés, des problèmes de financement, de mauvaise gestion, des conflits d’intérêts entre les États qui envoient les troupes et les pays d’accueil, ainsi que des missions trop ambitieuses.

« Historiquement, les missions de maintien de la paix ont échoué lorsque les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu ont tenté de faire du maintien de la paix sans enthousiasme. Par exemple, au Rwanda, les Nations unies ont envoyé leurs troupes un peu en retard avec trop peu de soldats sans mandat pour recourir à la force », a-t-il avancé. L’Onu voulait ainsi « éviter les coûts et les risques d’une intervention, et dans ce cas, cela a créé une condition pour ces échecs du maintien de la paix ».
Les forces de maintien de la paix ont également été accusées d’avoir commis des violations des droits de l’homme, avec des allégations d’abus sexuels, par exemple, dans le cas de la République démocratique du Congo (RDC), développe-t-il.

Du chemin à parcourir

Pour contrer ses défaillances, l’Onu doit augmenter la formation professionnelle de ses troupes et des civils dans les zones de mission, considère-t-il.

De plus, dans certains cas, il faut considérer le recours « à l’utilisation de la force » pour « imposer la paix », considère l’expert. Si les Nations unies veulent minimiser les risques de pertes parmi les Casques bleus lors de leur engagement dans la guerre, « alors les technologies pourraient résoudre le problème ».

Mécanismes africains de prévention des conflits

Ismaël Buchanan mentionne également des missions réussies, comme celle en Sierra Leone qui a eu lieu dans les années 1990, et la MONUSCO qui se déroule toujours en RDC. Selon l’expert, « le maintien de la paix aide les gens, dans leur vie quotidienne, à passer de la guerre à une situation où il y a plus de paix ».

Se concentrant spécifiquement sur les opérations en Afrique, l’expert évoque le concept de « responsabilité partagée » en disant que les Africains devraient réfléchir à l’amélioration de la coordination des missions, ainsi que des mécanismes de prévention des conflits.

Auteur: MANZI
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