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RDC : La Gangrène Congolaise s’est Métastasée, le cas de Maï-Ndombe.

Au moment où les yeux du monde convergent vers le M23, le cancer qui gangrène la RDC dans sa situation socio-économique et politique, ne cesse de s’étendre inexorablement dans tout le pays. Voici que Maï-Ndombe à la porte de Kinshasa, montre que c’est toute la RDC qui est concernée.

A Kinshasa, les réfugiés de Maï-Ndombe faisant la ligne en attente des vivres incertains.

En RDC, la province du Mai-Nombé est en proie à des violences intercommunautaires depuis plusieurs mois avec des attaques qui se sont même propagées dans les provinces voisines. La situation a entrainé d’importants déplacements de populations, notamment vers Kinshasa, qui se trouve à un peu plus de 160 km des zones en conflit.

Les violences intercommunautaires se poursuivent dans le territoire de Kwamouth et provoquent la fuite de milliers de personnes. À Kinshasa, ils sont des milliers mais aucun recensement n’a encore été effectué. Ils sont hébergés par des familles ou dans des églises. Dans le quartier Mombele, habité par de nombreux Teke, ethnie en conflit avec les Yaka dans le Mai-Ndombe, les réfugiés continuent d’affluer.

D’autres réfugiés ont pris la direction de la République du Congo Brazzaville, pour raison de proximité et ou de facilité.

Dans l’église Ministère international Christ porteur de notre salut, 80 déplacés qui fuient les tueries dans le Maï-Ndombé dorment à même le sol. Parmi eux, des enfants, des nourrissons et des malades. « Nous avons fui les violences à Engweme et à Mbomo. À l’approche des agresseurs, c’est la police qui était déployée dans le village qui nous a incités à fuir », témoigne Mama Nzilu Mukankama, une réfugiée qui est arrivée ici avec ses six enfants.

Ngankou Bike Miala, lui, est enseignant à Mununu, un village dont une grande partie de la population a été décimée. « Ils sont venus se réfugier à l’église. Leurs conditions sont difficiles, ils passent des nuits difficiles. Il y a des gens qui souffrent et qui n’ont pas les moyens d’aller à l’hôpital », raconte-t-il, précisant que l’église leur vient en aide pour nourrir toutes ces personnes.

Pauline était dans l’une des fermes du village Fadiaka, dans le territoire de Kwamouth où cinq de ses frères et trois belles-sœurs ont été tuées. Elle est arrivée à Kinshasa avec ses enfants et ceux de ses frères. « Sur le parcours, tous ceux qui étaient derrière nous étaient massacrés avant d’atteindre Nsele », raconte-t-elle. Tous ces déplacés espèrent une aide humanitaire et disent se sentir abandonnés.

À Nsélé, au nord de Kinshasa, des déplacés de Kwamouth se sont réunis dans l’attente d’une distribution de vivres, en décembre 2022.

« Depuis hier, je n’ai pas encore mangé », interpelle une femme à Nsélé, à quelques kilomètres au nord de la capitale Kinshasa. Ils y sont une centaine de déplacés de Kwamouth réunis sur la terrasse d’un café à attendre une possible distribution de nourriture.

Dans la foule, il y a Mangéré Basa. Là depuis le tout début des tensions au mois de juin, elle nous montre qu’elle a été blessée quand son village a été attaqué : « C’était le 22 juin 2022, j’ai été blessée à la main, au ventre et aux jambes. C’est arrivé entre 4h30 et 7h30 du matin dans notre village. Il y a eu 17 blessés et 66 morts. J’ai été à l’hôpital, mais je n’ai pas pu payer la facture. »

« Je n’ai plus de famille »

Elle raconte aussi que le chef de son village a été tué et qu’une grande partie des habitants ont pris la fuite. Depuis, elle dit devoir se débrouiller seule : « Je n’ai pas de famille, je n’ai plus de famille. Ici, je vis grâce à l’église, il n’y a que l’église. Ce n’est pas normal ».

Mangéré Basa reste donc dormir près de son église. Aujourd’hui, elle espère obtenir un peu de nourriture grâce à cette distribution, mais demain, elle ne sait pas comment elle parviendra à se nourrir.

Il n’est pas impossible que Kinshasa qui est habité entre autre par les deux ethnies en conflits à Maï-Ndombe, soit touché par ce conflit ethnique.

Dramatiser et faire diversion ne résolvent rien !

Il est remarquable et louable que le gouvernement de Kinshasa ait déclaré trois jours de deuil national pour les victimes dont l’assassinat est attribué aux M23, il y a une semaine. Mais il est aussi étonnant que des centaines des milliers de congolais victimes des ADF, de Maï-maï, des FDLR, etc, et les massacres continuent chaque jour, sans relâche, n’aient pas bénéficié de mêmes honneurs. Aucune action, aucune cérémonie, voire un livre blanc, n’a témoigné une simple solidarité avec les victimes de ces milices armées.

Kinshasa a pris la politique de se mentir à lui-même, de mentir au monde et de tout faire pour que tous ces mensonges deviennent réalité. Il est vrai que l’on dit « mentez, mentez, il y a toujours quelque chose qui reste ! »

Au moment où Ituri et tout le Kivu les massacres se font par plusieurs dizaines au quotidien, et qu’à une centaines de Km de Kinshasa, à Maï-Ndombe, et ses villages sont à feu et à sang, et que le Kasaï et le Katanga hébergent des rébellions permanentes, Kinshasa sans se gêner, continue à détourner l’attention du monde sur M23, une milice qui a pris naissance à partir des fausses promesses que le gouvernement de Kabila, puis celui de Tshisekedi lui ont fait, et qu’ils n’ont jamais tenues.

Il est intéressant de noter que tous les chercheurs d’or, des diamants et autres minerais, profitent de brèche ouverte par les discours plantifs du gouvernement de Tshisekedi, pour s’engoufrer dans cette faiblesse, au nom de leurs intérêts économiques. L’Eglise catholique dont l’adage a été toujours de s’adapter pour durer n’a pas hésité de montrer son ardeur dans l’appui de ces mensonges, en organisant des manifestations contre la balkanisation imaginaire, alors qu’elle-même, est rongée à l’intérieure de ses congrégations et diocèses. par les problèmes ethniques et du régionalisme au sein de sa hiérarchie.

Malheureusement, au moment où toutes ces fausses comédies continuent à se jouer, le néfaste mal congolais, progresse en silence, lentement mais sûrement, en rongeant tout le pays et en faisant de plus en plus des victimes parmi la population qui n’aspirait qu’à un meilleur avenir.

Auteur: MANZI
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